Ce n’est ni la première campagne-choc de sécurité routière ni la dernière. Mais, contrairement aux autres, cette campagne suisse ne cherche pas à responsabiliser les automobilistes, mais bien les cyclistes. S’ajoute à la provocation maintenant habituelle de ce type de communication institutionnelle, un humour grinçant qui n’a visiblement pas fait sourire tout le monde.

La vidéo suit le trajet à vélo d’un trentenaire «parfait» : bel homme, sportif, père de famille, dynamique. Il observe d’un air goguenard son voisin partir au boulot dans sa voiture tout en commentant : «ça, c’est Lambert, mon voisin. Et le hasard veut qu’on travaille dans la même boîte», avant d’ajouter : «alors, Lambert, été comme hiver, il prend sa voiture pour aller au boulot. Alors que moi, tous les matins et quelle que soit la météo, je prends mon vélo!». Et alors qu’il commence son parcours jusqu’au bureau, il entame l’énumération des avantages de son mode de transport : ça lui permet de faire de l’exercice, c’est écologique, ça lui évite les embouteillages et il arrive donc «avant Lambert» en partant après lui. Mais, alors que ce gendre parfait vante les mérites de sa bicyclette, il ne respecte absolument pas le Code de la route et roule même dangereusement. C’est donc logiquement et en prononçant tout sourire la phrase «et puis, franchement, dix minutes de vélo pour aller au boulot, franchement, ce n’est pas la mort» qu’en doublant une voiture il se fait violemment faucher par un véhicule arrivant en sens inverse. La voix off enchaîne alors : «la mort, par contre, c’est de rouler comme un con à vélo. Dans près de la moitié des accidents impliquant des vélos, les cyclistes sont fautifs». C’est ce que l’on appelle un clip percutant. Et sans doute efficace!