Le Corridor de sécurité est en place depuis bientôt 2 ans… 

Publiée au Journal officiel du 18 septembre 2018 (décret 2018-795 du 17 septembre 2018), la législation relative au Corridor de sécurité est désormais en place depuis presque 2 ans. Malheureusement cette règle reste très méconnue et très peu respectée des usagers de la route. Le Corridor de sécurité consiste en une barrière virtuelle que tout conducteur doit respecter dès l’approche de personnels intervenant sur le bord d’une route, voie rapide ou autoroute.

En plus de bénéficier aux intervenants professionnels en bord des routes, le décret l’élargit aux non-professionnels de la route, en le faisant bénéficier à tout véhicule ayant actionné ses feux de détresse. C’est l’association Fier d’être dépanneur qui, en 2016, décide de sensibiliser le législateur via une pétition sur la problématique de la sécurité des intervenants en bord des routes, en proposant le principe du corridor de sécurité à l’instar du Move Over américain et du corridor de sécurité canadien. Cette sensibilisation via cette pétition a été mise en ligne à la suite d’un accident sur l’autoroute A1 dans le Nord qui a coûté la vie à un dépanneur en intervention. L’homme s’était fait faucher par un camion.

Ces derniers jours, Vinci Autoroutes expérimente ces nouveaux panneaux de sensibilisation concernant le Corridor de sécurité. Ces derniers sont implantés sur l’autoroute A10 après la barrière de péage de Virsac en direction du département de la Charente-Maritime.

La France en retard…

Le corridor de sécurité dénommé « Move over » a été instauré en 2002 puis progressivement les années suivantes dans les cinquante États aux États-Unis. Les sanctions vont de 35 $ à 500 $ selon les États, mais également à trois points en moins d’inaptitude, à des travaux communautaires (équivalent aux TIG en France) de sept jours, une suspension du permis de conduire de 90 jours à 1 an, voire à des peines d’emprisonnement si le non-respect du « Move Over » a entraîné des blessures sur un professionnel de la route. L’idée remonte finalement depuis bien longtemps aux États-Unis, c’est en Caroline du Sud en 1996 que fut adoptée une loi pour protéger les intervenants d’urgence suite au décès d’un ambulancier, fauché alors qu’il portait secours à une victime. Il a été tenu responsable, ce qui a conduit à un travail de réflexion visant à créer une loi pour protéger ces intervenants.

Au Canada…

En 2011, c’est le décès d’un policier happé par un camion ainsi que la pétition d’un ambulancier qui ont incité le Québec à mettre en place le « Move Over » renommé par la suite Corridor de sécurité. Contrairement au « Move over » américain, le corridor de sécurité québécois a élargi le champ des bénéficiaires. En effet, en plus d’imposer aux conducteurs de ralentir à une vitesse prudente et raisonnable et d’effectuer un changement de voie s’il est possible de le faire, elle inclut les dépanneuses et les véhicules de patrouille des routes aux véhicules d’urgence déjà concernés. C’est donc le 5 août 2012 que la loi est entrée en vigueur. Selon les différentes provinces, tout manquement au corridor de sécurité est passible d’un passage au Tribunal, d’une amende pouvant s’élever jusqu’à 2 000 $, de six points en moins d’inaptitude, voire de peine d’emprisonnement de six mois en cas de récidive.