C’est une affaire qui pourrait faire jurisprudence en France. Le 20 mars 2017, Lionel Candelon porte-parole de l’association « les canards en colère » bâche deux radars lors d’une manifestation d’éleveurs réclamant des aides de l’État.

Bâcher, est-ce dégrader ? 

C’était la question lors de l’audience qui s’est déroulée ce 1er mars 2018 au tribunal de Mont-de-Marsan. Selon Lionel Candelon, il s’agissait simplement de faire passer un message concernant la détresse de toute une profession frappée pour la deuxième année consécutive par la grippe aviaire et qui attendait le versement des indemnités. Il ajoute même lors des débats que « Ce n’est pas quelques flashs en moins qui vont creuser la dette de la France ! » et que les radars servent « à rapporter de l’argent à l’État ». Selon le parquet quand on dégrade, on porte atteinte au fonctionnement des institutions. Ce n’est pas l’avis de la défense qui rappelle la définition de « dégrader » : détériorer, endommager, abîmer. Et ajoute également que les sacs poubelle et le scotch peuvent se retirer très facilement et donc que l’on ne parle absolument pas de dégradation.

Le juge relaxe le prévenu !

À la fin des débats, le parquet qui avait requis 2 mois de prison avec sursis et 105 heures de travail d’intérêt général a été débouté de ses demandes. Le magistrat a strictement interprété la loi et à relaxé le prévenu en disant « vous n’avez ni dégradé ni eu l’intention de le faire ».