La réduction de la limitation de vitesse à 80 km/h sur les départementales passe mal. Mais va-t-on assister à des mouvements de contestation plus amples sur tout le territoire français?

Coup sur coup, le gouvernement a pris des mesures en apparence anodines ou de seconds rangs qui mettent, sans qu’on ne l’ait vu venir, le pays en émoi. Ces mesures touchent toutes la circulation automobile. Emmanuel Macron pourrait bien le payer très cher.

La maladresse d’Édouard Philippe sur le 80 km/h

La réduction de la limitation de vitesse à 80 km/h sur les départementales passe mal. Pour plusieurs raisons simples. La première est qu’elle donne l’occasion de nouvelles verbalisations, que les Français moyens et sans aspérité vivent comme une mesure de racket à leur encontre. La deuxième est qu’elle ralentit les trajets domicile-travail pour beaucoup de Français qui ont choisi de devenir propriétaires loin de leur lieu de travail du fait du coût du logement. La troisième est qu’elle constitue une mesure de restriction supplémentaire des libertés dans la vie quotidienne. Pour justifier cette mesure, Édouard Philippe a eu la maladresse d’expliquer : «passer de 90 km/h à 80 fait perdre 3 minutes pour un trajet de 40 km». Cette phrase a rappelé aux Français le mauvais souvenir du Tokyo-Paris à 300000 euros décidés par le Premier ministre pour gagner deux heures sur son emploi du temps. Philippe ne pouvait pas mieux marquer sa déconnexion et son arrogance pour les préoccupations des Français moyens.

La dangereuse hausse du prix du diesel

Parallèlement, le coût du carburant s’envole et prend à la gorge beaucoup de salariés français contraints à prendre leur voiture pour aller travailler. Là encore, cette question est mal perçue depuis Paris où le recours aux transports en commun est massif. Si cette hausse du carburant n’est pas entièrement due à des décisions gouvernementales, les Français n’oublient pas que la hausse de la fiscalité du diesel est programmée depuis l’été 2017. Cette décision tombe mal…

Des actions menacent déjà à Bordeaux, mais pas que…

En dix jours, un groupe Facebook promettant des actions à Bordeaux a déjà recueilli 65000 adhésions! Sous l’intitulé «rassemblement contre les nouvelles lois concernant l’automobile», ses adhérents se proposent de bloquer les stations-service, axes routiers, etc. en Aquitaine. L’engouement pour cette initiative surprend. Il n’est pas courant qu’une ville de France rassemble autant de militants en aussi peu de temps pour une cause sociétale. Cette extrême réactivité de l’opinion devrait inquiéter le gouvernement.

Allons-nous assister à un grand mouvement de contestation populaire d’ici la fin du mois de janvier? Une vague de colère est en train de monter sur les réseaux sociaux. Des citoyens, internautes, sont très remontés contre le gouvernement et veulent le faire savoir. L’annonce de la limitation de certaines routes à 80 km/h au lieu de 90 km/h a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Derrière ce rassemblement populaire, on trouve des gens opposés à cette nouvelle limitation, mais aussi à la hausse des taxes sur le gasoil et l’essence, certains critiquent aussi l’augmentation du prix des contrôles techniques ou des places de parking.

Presque chaque département dispose d’un groupe pour s’organiser!

En effet, suite à la forte mobilisation sur le groupe Facebook «Rassemblement contre les nouvelles lois concernant l’automobile» d’autres projets ont immédiatement vu le jour pour tous les départements en France. Nom de code? Colère + département.  De 100 à plus de 5000 membres… par groupe! Et nous avons recensé chaque groupe dont voici les détails…

Départements : 0102 – 03 – 0405 – 060708 – 09101112 – 1314 – 15161718 – 19 – 2A2122 – 24 – 252627 – 2829303132 – 33 – 343536 – 3738 – 394041 – 42434445 – 4647 – 4849 – 5051 – 5253 – 54 – 555657 – 59606162 – 63646566 – 67686970 – 7172 – 7374 – 76 – 7778 – 79808182 – 8384 – 858687 – 88 – 899091 (IDF)